Le candidat UMP
Nicolas Sarkozy a été élu dimanche président de la République, devançant largement sa rivale socialiste
Ségolène Royal avec environ 53% des suffrages, selon les estimations des instituts de sondage.
L'événement
M. Sarkozy obtient de 52,7% à 53,3%, en fonction des instituts (CSA, Ifop, Sofres et Ipsos), succédant ainsi pour un mandat de cinq ans à Jacques Chirac, qui à 74 ans ne se représentait pas après 12 ans à l'Elysée..
Le président de l'UMP, 52 ans, a immédiatement estimé que les Français avaient choisi la "rupture" qu'il préconise pour réformer profondément la France.
Devant ses partisans réunis salle Gaveau à Paris, il a appelé "tous les Français" à "s'unir" à lui tout en soulignant que "les Français ont choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé". Il s'est engagé à "réhabiliter le travail, l'autorité, le mérite".
Il a rendu hommage à sa rivale socialiste en lui témoignant son "respect". Il l'avait appelée sitôt les résultats connus.
Quelques minutes plus tôt, Mme Royal avait reconnu sa défaite et indiqué, tout sourire, qu'elle "assumerait la responsabilité qui lui incombe désormais", s'engageant à poursuivre la "rénovation de la gauche" et laissant entendre qu'elle entendait conduire les socialistes à la bataille des législatives de juin.
Le patron du PS, son compagnon François Hollande, a estimé que "la gauche doit être à la hauteur, la gauche doit se rassembler, s'ouvrir, s'élargir, se remettre en question".
Très sévère avec son ancienne concurrente, Laurent Fabius a estimé que "le drapeau de la gauche est à terre".
Le 22 avril, M. Sarkozy avait réalisé avec 31% le meilleur score d'un candidat de droite au premier tour depuis plus de 30 ans (1974), devançant de plus de 5 points sa rivale socialiste, qui à 53 ans, échoue à devenir la première femme chef d'Etat de France.
Les Français se sont passionnés pour cette élection, qui marquait l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération, comme en témoigne la participation, qui pourrait atteindre un niveau record autour de 84% à 85,5% (83,77% au premier tour).
Le résultat très net donne au président de l'UMP un mandat clair pour appliquer son programme.
L'annonce de la victoire de M. Sarkozy a suscité la liesse de milliers de partisans réunis place de la Concorde. Certains agitaient des drapeaux tricolores. Une scène a été dressée devant les Tuileries et la circulation a été coupée sur une partie de la place tandis que quelque 800 policiers et gendarmes mobiles sont déployés.
L'ambiance était au contraire très morose au siège du PS, où plusieurs milliers de sympathisants se pressaient, scandant des slogans favorables à Ségolène Royal. La candidate a été très chaleureusement applaudie.
M. Sarkozy, après son allocution de victoire, va prendre quelques jours de repos avant la passation des pouvoirs qui aura lieu le 16 mai, a confirmé François Fillon, l'un des ténors de l'UMP les plus souvent cités pour le poste de Premier ministre.
L'actuel chef du gouvernement, Dominique de Villepin, s'est réjoui de la "très nette victoire de Nicolas Sarkozy, qui manifeste "un choix clair des Français en faveur d'un homme, de ses idées et de notre famille politique".
Chantre d'une droite décomplexée, M. Sarkozy, ministre de l'Intérieur jusqu'à fin mars, veut appliquer rapidement un programme d'inspiration assez libérale, avec pour objectif de "réhabiliter la valeur travail" et d'atteindre en cinq ans le "plein emploi" (5% de chômage).
Il a également martelé tout au long de sa campagne des thématiques de droite traditionnelles, sécurité et immigration notamment, captant dès le premier tour une bonne partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen (FN), qui a perdu un million de voix par rapport au premier tour de 2002, soit 20% de ses électeurs.
La candidate PS, confrontée à un total des voix de gauche historiquement bas de 36% le 22 avril, avait tenté dans l'entre-deux tours une ouverture au centre, tentant de séduire les 6,8 millions d'électeurs de François Bayrou. Le leader centriste avait annoncé qu'il ne voterait pas à titre personnel Sarkozy, mais la majorité des députés UDF ont rallié le candidat UMP.
Tous les partis vont désormais se tourner vers les législatives des 10 et 17 juin.
Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, a ainsi estimé que le "rassemblement" devait "aller bien au-delà de l'UMP" pour constituer une majorité.
Le PS devra pour sa part réussir à ne pas se déchirer et Mme Royal a appelé ses partisans à "rester debout".
Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF, a estimé qu'il ne fallait pas que l'UMP ait "tous les pouvoirs".