Dérapage..

Publié le par Forex Queen

Comment une erreur de saisie d'un opérateur peut entraîner

 

la démission du gouverneur du Tokyo Stock Exchange...

Cela se passe en 2005, et plus précisément le 8 décembre quelques minutes avant l'ouverture de la bourse de Tokyo. J-Com, la Japan Communication Outsourcing Company, une entreprise spécialisée dans les services de téléphonie mobile basée à Osaka, a décidé d'introduire en bourse 2800 actions nouvelles à 610 000 yens l'unité pour un montant approximatif de 14 millions de dollars. Les dirigeants de cette compagnie attendent avec impatience les premières cotations afin de savoir si ces nouveaux titres vont être bien accueillis par le marché.

 

 

04h30 du matin le Nikkei ouvre à 15460 points en légère baisse d'une quinzaine de points par rapport à la veille. Yasuhiko Okamoto, actionnaire principal de J-Com à hauteur de 52 %, l'équivalent de 7840 titres, attend la première cotation du jour de J-com avec confiance.

 

A 520 km de là, à Tokyo, dans les locaux de Mizuho Securities, filiale de courtage de la deuxième banque japonaise en terme de total de bilan, un courtier saisit sur son terminal l'ordre suivant : VENTE UNE ACTION PRIX 600 000 YENS. Après avoir validé son ordre, le courtier appelle le carnet d'ordre de l'action pour vérifier sa bonne exécution. L'ordre n'arrive pas instantanément, mais il pourra le voir d'ici trois ou quatre secondes.

 

Au même moment à OSAKA, M.Okamoto a le visage qui s'assombrit quelque peu lorsqu'il voit le Nikkei déraper d'un seul coup de près de 300 points. Ce n'est pas bon pour la levée de fonds qu'il a programmé pour aujourd'hui. Il se demande quelle entreprise peut être à l'origine de cette dégringolade lorsqu'il s'aperçoit que J-Com est réservé à la baisse -15 % dès les premiers échanges à 572.000yens...

 

Chez Mizuho Sécurités, le courtier ne comprend pas, son premier réflexe est de vérifier si son ordre a eu le temps d'être exécuté avant ce repli soudain du titre. Il a un retour du marché lui indiquant que son ordre a été exécuté partiellement ; il regarde le carnet et n'ose pas imaginer la chose possible. Il vérifie de plus près la confirmation  de  son  ordre sur l’imprimante EX 890 en papier et s'aperçoit de la bourde ! Il vient d’envoyer un ordre de 600 000 titres à la vente pour un yen...

 

La société n'a que 17.800 actions cotées en Bourse de Tokyo et il vient de passer un ordre pour pour en vendre un montant 34 fois élevé et il ne peut rien faire, rien du tout.

 

 

Chez UBS, Morgan Stanley et Nikko Citigroup, l'ordre n’est pas passé inaperçu. L'occasion est belle de rafler pour 15 % de moins, une valeur techno prometteuse...

 

 

On ne sait pas encore laquelle, mais l’une de ces trois banques a envoyé un ordre d’achat 467.000 titres, soit 2,5 milliards de dollars, sans doute le montant maximum qu'elle pouvait risquer sur une opération d'arbitrage, pour acheter ses titres à 572.000, la limite basse de transaction possible à cet instant. Et elle fut exécutée dans sa totalité.

 

D’ailleurs, la totalité de l'ordre du malheureux courtier a été exécuté.

 

Il a trouvé preneur pour ces 600 000 actions. Heureusement pour lui non pas à un yen, comme il l’avait demandé mais « au mieux » : à la limite basse des seuils de réservation de la valeur à 572 000 yens...

 

 

La Bourse de Tokyo, assez rapidement informée de la situation, ne peux rien faire. Ses systèmes, assez obsolètes, ne lui permettent pas de suspendre la cotation, d'annuler des ordres ou bien, dans des cas extrêmes comme cela peut se produire sur Euronext, d'annuler une transaction.

 

Pire, une situation identique s'est produite quatre ans avant. Le 30 novembre 2001, UBS AG vendait 610 000 actions de DENTSU Inc, à 16 yens pièce...

 

 

Une erreur du même type est donc possible quatre ans après et les organes de surveillance de la Bourse de Tokyo ne peuvent toujours rien pour leur client. Pire, Mizuho se retrouve donc vendeur à 572.000 yens de 599.999 actions J-Com et doit les racheter dans la journée. Comme il n'existe qu'un peu plus de 17 000 titres à vendre sur le marché le fait de devoir en acheter 599 999 crée naturellement une forme de pression acheteuse de nature à faire monter le titre !

 

 

Coût de l'opération 224 millions de dollars pour Mizuho. Gains pour les arbitragistes 224 millions de dollars...

 

Pas tout à fait : Nikko Citigroup, qui a gagné 199,8 millions dans l'opération, a déclaré avoir l'intention de restituer ses gains de « Trading » répondant ainsi à l'appel des officiels de la Bourse de Tokyo demandant aux banques ayant eu un intérêt dans l'opération de « rendre » l'argent...

 

Ça donne une idée des faibles moyens dont dispose le Tokyo Stock Exchange pour défendre ses clients. Deux investisseurs particuliers identifiés ayant rendu une feuille de profit d'environ 22 millions de dollars n'ont pas répondu à l'appel...

 

 

Devant   cette   situation   relativement honteuse, son président Takuo Tsurushima a présenté sa démission, estimant qu'il avait « ébranlé la confiance que le monde pouvait avoir dans la 2 plus importante Bourse mondiale »

Cordialement Forex Queen

Pour So Curious

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Publié dans forexqueen5

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U
Bonjour,<br />  <br /> Je voudrais féliciter la personne qui a eut cette idée géniale de publier cette article !<br /> Le connaissez vous personnellement ?<br /> Très admirativement.
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