La chute du dollar
prend de court les marchés
Rien n'y fait. Depuis quelques semaines, le dollar semble bien incapable de profiter des nouvelles qui auraient dû lui être favorables. Pis, il semble s'être enfermé dans une spirale baissière qui commence à être préoccupante. Car aucun marché où qu'il soit ne peut espérer progresser durablement dans un contexte de baisse incontrôlée du dollar. Ainsi, dans son discours devant le Congrès jeudi, le gouverneur de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, avait souligné que « bien qu'il soit probable que les déséquilibres de la balance des paiements courants se résolvent graduellement au cours du temps, il existe un risque, certes faible, qu'un soudain revirement de confiance puisse se traduire par des perturbations majeures sur le dollar ».
Ce risque, la Réserve fédérale ne le néglige pas à ce stade de sa politique monétaire. Guidée par les différentiels de taux d'intérêt, l'évolution du dollar semble pâtir de la fin, désormais proche, du grand cycle de resserrements monétaires initié par la Réserve fédérale. Ainsi, au mois d'avril, le dollar a cédé 5 % par rapport à la livre et au franc suisse. Le recul est de plus de 3,5 % face au yen et de 4 % par rapport à l'euro, qui avoisinait 1,2613 dollar hier en fin de séance européenne après une incursion jusque vers 1,2690 dollar. Le billet vert a atteint son plus bas niveau depuis un an face à la devise européenne, et son plus bas de ces sept derniers mois par rapport à la monnaie nippone, avec un dollar à 113,10 yens, après avoir baissé jusqu'à 112,35 yens en cours de journée.
Au Japon, l'enquête de Reuters auprès des gérants de fonds japonais révèle que les investisseurs projettent d'accroître la pondération de leurs fonds en actions au détriment des obligations américaines. La liquidation des obligations libellées -en dollars, conjuguée à la hausse des rendements des obligations japonaises, pèsera aussi sur le billet vert.
La Banque centrale européenne peut en tout cas se satisfaire de la vigueur de l'euro, elle qui y voit un des remparts contre l'inflation qu'elle ne cesse de combattre. « Si l'euro venait à poursuivre sa tendance haussière actuelle vers les niveaux de 1,27-1,30 dollar au cours des deux prochains mois, la Banque centrale européenne pourrait définitivement atténuer ses récents commentaires en faveur d'une hausse des taux d'intérêt, et donc les anticipations de relèvement des taux d'intérêt seraient sensiblement affaiblies. L'euro ne recevrait alors plus le soutien dont il bénéfice à l'heure actuelle », notent les experts sur les devises de SG.
N. A.-K.
Les échos - 2-mai-06
Article déposé par So curious - Blog FXQ -