FED

Publié le par Forex Queen

La Fed ne devrait modifier ni les taux, ni son discours

par Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine devrait laisser mercredi ses taux d'intérêt inchangés pour le troisième mois consécutif tout en maintenant ses mises en garde sur les risques inflationnistes mais les marchés ne croient plus guère à une remontée supplémentaire du loyer de l'argent.

Le taux des fed funds devrait être maintenu à 5,25% à l'issue de la réunion de deux jours du Federal Open Market Committee (FOMC) et la banque centrale américaine ne devrait apporter au communiqué accompagnant sa décision que des modifications mineures, maintenant un biais haussier pour contenir les risques de hausse des prix en dépit du ralentissement de la croissance, qui réduit les pressions inflationnistes.

"La Fed veut parler comme un faucon et agir comme une colombe", résume Josh Stiles, stratège senior d'IDEA à New York.

Les membres du FOMC estiment que les pressions sur les prix vont s'atténuer au fur et à mesure du ralentissement de la croissance américaine, celui-ci dégageant des capacités excédentaires de production.

Les derniers indicateurs économiques n'incitent guère à rompre avec la rhétorique anti-inflationniste même si certains dirigeants de la Fed reconnaissent en privé que les risques de hausse de prix ne sont pas élevés.

L'INFLATION RESTE AU-DESSUS DE LA ZONE DE CONFORT

L'indice "central" ("core") des prix à la consommation, qui exclut les produits alimentaires et l'énergie, a augmenté de 0,2% en septembre par rapport à août, un chiffre inférieur aux attentes. Mais il reste proche de 3% en rythme annuel, nettement au-dessus de la zone de "confort" que nombre de dirigeants de la Fed situent entre un et 2%.

"Le paragraphe sur les décisions dans le communiqué restera le même, (...) maintenant le biais en faveur d'un resserrement", prédit Lyle Gramley, ancien gouverneur de la Fed.

Pour lui, cette inquiétude affichée quant à l'évolution des prix ne devrait toutefois pas conduire la Fed à relever de nouveau ses taux car l'économie américaine est confrontée au ralentissement du marché immobilier.

"La Fed va être patiente (...) L'économie ralentit, une situation dans laquelle on n'a certainement pas envie d'être agressif en matière de lutte contre l'inflation", a-t-il expliqué.

La première estimation de la croissance américaine au troisième trimestre sera publiée vendredi; les économistes tablent en moyenne sur une hausse de 2,2% du PIB en rythme annuel contre 2,6% sur les trois mois précédents.

La croissance ralentie et la baisse des cours de l'énergie devraient freiner la hausse des prix à la consommation mais la Fed ne renoncera sans doute pas pour autant à ses mises en garde sur les risques potentiels, afin d'assurer que les anticipations d'inflation resteront contenues.

BAISSE DES TAUX EN 2007 ?

"La plupart des décideurs estiment probablement qu'ils peuvent rester sur la touche pendant un certain temps. Mais ils ont décidé de mettre l'accent sur les craintes inflationnistes", a dit James Glassman, économiste senior de JPMorgan Chase.

Conséquence de cette stratégie: sur les marchés de futures, la probabilité estimée d'une baisse des taux au début de l'an prochain a diminué, mais les investisseurs interrogés par Reuters s'attendent toujours majoritairement à ce que la Fed ramène le taux des fed funds à 5,0% au deuxième trimestre 2007.

Parallèlement, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a légèrement augmenté depuis la dernière réunion de la Fed, le 20 septembre. Et pour le président de la Fed de St Louis, William Poole, qui votera mercredi au FOMC, la hausse des rendements obligataires pourrait contribuer à contenir l'inflation, remplissant ainsi une partie de la mission de la banque centrale.

Jeffrey Lacker, son homologue de Richmond, a voté pour une hausse d'un quart de point des taux lors des deux dernières réunions, disant vouloir assurer un reflux rapide de l'inflation.

Dans un discours prononcé le 11 octobre, il a expliqué que les dirigeants de la banque centrale seraient "assez vigilants" vis-à-vis de l'inflation, une formulation que certains observateurs ont interprété comme une atténuation de son discours susceptible d'aboutir à son ralliement au statu quo mercredi.

Il faut remonter à 1998 pour retrouver trois dissensions successives d'un même membre du FOMC: à l'époque, Jerry Jordan, président de la Fed de Cleveland, avait voté à quatre reprises d'affilée contre la décision majoritaire, plaidant pour une hausse des taux.


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