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Publié le par Forex Queen

Un gratuit financier profane le temple du "Financial Times"

 

 

Un journal de paroisse" : c'est ainsi que se présente le premier quotidien gratuit économico- financier au monde, City A.M., destiné aux cadres de la City.

 

Depuis le lancement, le 5 septembre, de ce tabloïd composé de vingt-quatre pages en couleurs, le Financial Times n'est plus le seul emblème national de la première place financière européenne. Soutenu par des investisseurs privés, dirigé par deux anciens responsables du groupe suédois pionnier de la presse non payante, Metro International, le nouveau titre offre de la finance en manchette, des résultats de sociétés, une page boursière, du sport-business avec, de surcroît, une large place consacrée aux célébrités, aux restaurants et à la mode. Ses promoteurs espèrent rapidement doubler le tirage initial de 50 000 exemplaires.

Jadis territoire réservé du "FT" (425 000 exemplaires vendus) et de son édition internet FT.com (80 000 abonnés), la City voit s'installer dans ses murs tricentenaires un nouveau venu, qui n'a certes pas son pedigree. City AM  n'en a cure, visant en priorité un nouveau lectorat jeune qui intéresse les publicitaires, à l'instar des traders, secrétaires, personnel administratif du back office ou informatique. Sa cible, ce sont les "soutiers" de la City, par opposition aux décideurs loyaux lecteurs du grand quotidien aux pages couleur saumon.

Sous la houlette de son directeur de la rédaction, Andy Gowers le FT a eu tendance à privilégier un premier cahier regroupant macro- économie, politique étrangère, culture et pages éditoriales au détriment de la micro-économie, en particulier la vie des entreprises britanniques. Le développement à l'étranger (FT Deutschland , trois éditions internationales) a sans doute accentué ce phénomène. Par ailleurs, la concurrence des pages business étoffées des grands titres de la presse généraliste, à l'exemple du Telegraph et du Times, a accéléré le repli des ventes du Financial Times vers sa base de départ (135 000 exemplaires).

"Alors que le Wall Street Journal est réputé pour son emprise sur les arcanes des marchés boursiers américains, dans son hinterland, le FT est perçu comme flasque et inconsistant", estime Alan Ruddock, chroniqueur de City A.M . Un jugement que conteste le FT , qui insiste sur l'amélioration de ses pages micro. Reste que le quotidien des affaires, qui a perdu 9 millions de livres en 2004, est la cible de rumeurs persistantes de vente que la maison mère, le groupe britannique de médias Pearson, dément catégoriquement.

City A.M . souligne le dynamisme de la presse gratuite au Royaume-Uni, dominée par Metro . Sa diffusion quotidienne frôle le million d'exemplaires contre douze millions pour les titres généralistes. Mais la distribution de City A.M. aux points stratégiques de la City et du quartier jumeau de Canary Wharf, en particulier aux abords des stations, pose problème. A leur arrivée au bureau, une majorité de professionnels ont déjà lu un quotidien payant ou gratuit dans le train, le bus ou le métro. Ont-ils vraiment besoin d'un autre support en allumant leur ordinateur, s'interrogent les publicitaires ? Dans la City, le temps, c'est de l'argent...

Cordialement Forex Queen

Source : le Monde

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Publié dans Infos

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