Petite Info de la Chronique Agora.
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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 27 septembre 2005
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*** Alan Greenspan passe aux aveux
... et ça n'est pas joli-joli ; gare aux retombées !
*** La soudaine évolution vers l'argent fiable
Ce qu'Eric Fry a à dire tient en quelques mots... mais c'est suffisamment inquiétant...
*** Katrina : l'autre problème
Bill Bonner est injoignable en Argentine, mais le reste de l'équipe veille...
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Bonjour,
ALAN GREENSPAN PASSE AUX AVEUX
Nous émettions lundi l'hypothèse que le repli du pétrole n'était pas pour grand chose dans la bouffée d'euphorie qui avait emporté la plupart des indices européens (sauf Francfort et Amsterdam) vers de nouveaux zéniths annuels -- et le CAC 40 vers des niveaux de cours qu'il n'avait plus explorés depuis le mois d'avril 2002.
Ce pressentiment se confirme largement aujourd'hui avec un baril qui refait une incursion au-dessus des 66 dollars, ce qui nous replace dans la même situation qu'une semaine auparavant.
Enfin... pas tout à fait, puisque d'après le Weather Channel [chaîne météorologique câblée, ndlr.], tout est calme à présent. Les touristes qui ont retenu leur croisière des Bahamas à Acapulco ou des Bermudes à St Barth vont pouvoir bronzer en toute quiétude sur le pont supérieur et siroter leur cocktail favori sans devoir s'agripper au bastingage. Mer d'huile et ultraviolets au meilleur de leur forme pour le reste de la semaine, le concours de la plus haute pile de jetons de blackjack va pouvoir se tenir dès ce soir au Casino du Caribbean Princess ou du Monarch of the Seas.
En ce qui concerne les jetons que nous investissons dans le grand casino financier international, nous redoutons que le rouge ne sorte plus souvent qu'à son tour à la roulette de l'immobilier... Et nous commettrions un impair en vous recommandant de rester bravement assis à cette table en attendant de faire 36 fois la mise sur un pauvre lopin de terre coincé entre deux baraques hollywoodiennes du centre de Palo Alto.
Pourtant, 36 fois la mise, c'est exactement ce qu'ont engrangé d'heureux propriétaires qui s'étaient établi au sud de la Bay Area dans les années 70, faute de pouvoir s'offrir quelques arpents sur les collines dominant le pacifique à l'ouest de San Francisco (à l'ombre du gros émetteur à 3 branches qui déchire le couchant comme un monstrueux personnage dessiné par Basquiat ou une machine infernale sortie de l'imagination d'Edgar Pierre Jacobs).
Et de l'immobilier, il en a été fortement question lundi soir lors d'un discours d'Alan Greenspan devant une association de banquiers spécialisés dans le crédit hypothécaire aux Etats-Unis.
Le patron de la Fed s'est certes fendu d'une petite parenthèse liée à l'actualité cyclonique ("la situation sera scrutée avec la plus grande attention dans les régions sinistrées"), mais l'essentiel de son intervention fut consacré à un diagnostic lénifiant des forces et des faiblesses du marché de la pierre -- un matériau pourtant rare dans la constructions de la majorité des maisons individuelles aux Etats-Unis...
Alan Greenspan concède qu'une grande partie de la richesse dilapidée par les Américains depuis l'avènement de l'administration républicaine (qu'elle fusse démocrate n'aurait rien changé) résulte non pas de la hausse du niveau de vie et des salaires, mais bel et bien de la plus-value potentielle extraite de la valeur des biens immobiliers, convertie en pouvoir d'achat avec la bénédiction de la Fed et des organismes prêteurs, tous complices de la même escroquerie.
Une gigantesque carambouille à 500 milliards de dollars par ans depuis 5 ans. Oui, vous lisez bien : un demi-millier de milliards de dollars (le tiers du PIB de la France) de fausse valeur, pourtant convertie en achats de 4x4, de gadgets électroniques made in Asia, d'articles de luxe au look tapageur -- tous permettant d'afficher, comme on donne une gifle, un statut social usurpé.
Quel aveu !!! Alan Greenspan reconnaissait publiquement hier soir que sa politique de taux "pousse-au-crime" est le principal moteur d'une croissance totalement artificielle de 3,5% à 4,5% depuis septembre 2001.
Ni l'investissement, ni l'effort d'épargne des Américains ne sont à l'origine du gonflement de la masse monétaire M3 (de la dette, rien que de la dette) et partant de là, du PIB des Etats-Unis.
Rien que nos lecteurs ne sachent déjà par coeur depuis le tournant du nouveau siècle. Là où nous manquons de nous étrangler (de rire ou de rage ?), par contre, c'est lorsqu'Alan Greenspan nous objecte qu'un éclatement de la bulle immobilière est inéluctable dans certaines régions côtières... mais que les Américains ont les moyens d'y faire face car leur enrichissement leur a permis de diversifier leur patrimoine entre bons du Trésor et actions (heureusement qu'il ne mentionne pas un "effort d'épargne" salutaire de tous les instants), ce qui permettrait d'amortir le choc d'un ajustement sur les prix -- qu'il s'avoue incapable de quantifier : c'est la principale question qui demeure ouverte, selon lui.
Autrement dit, le pompier incendiaire prétend qu'un simple ajustement des taux et des prix serait à redouter, et il dément implicitement qu'après avoir embrasé Wall Street et le Nasdaq de 1996 à l'an 2000 puis le real estate de 2001 à 2005, sa politique monétaire ne débouchera pas sur un krach économique majeur puisant sa source dans un effondrement du secteur du crédit hypothécaire.
Selon ses dires, le même mécanisme qui avait permis aux ménages américains d'amortir l'éclatement de la bulle internet via l'effet de richesse immobilier pourrait fonctionner à rebours : les ménages, en se remettant massivement à épargner, feraient grimper la valeur de leur portefeuille obligataire et boursier.
Mais qui aura le courage de se dresser au milieu de la salle, d'empoigner un micro et de lui demander fort et clair ce que vaudront les emprunts hypothécaires en cas de crise ? Qui paiera la note faramineuse des créances douteuses non recouvrables ? Qu'adviendra-t-il de l'effet de richesse lié aux valeur mobilières, si le marché du crédit se retrouve soudain asséché (les banques ne satisfaisant plus aux critères de couverture en vigueur), tandis que les taux se tendront inexorablement du fait de la perte de confiance généralisée dans la signature des émetteurs les plus exposés, Freddie Mac et Fannie Mae en tête de liste ?
Alan Greenspan envisage ni plus ni moins qu'une nouvelle bulle viendra au secours d'une autre bulle, comme si une digue en sacs de sable allait pouvoir s'opposer au déferlement des eaux venant de rompre la voûte d'un barrage en béton !
Et en ce qui concerne cet invulnérable matelas de sécurité dont disposeraient les riches citoyens américains, il suffit de jeter un coup d'oeil du côté de la Nouvelle-Orléans pour réaliser qu'en dehors du public que le patron de la Fed fréquente depuis 18 ans d'hôtels 5 étoiles et de palais présidentiels, il n'y a plus grand monde pour éponger des pertes immobilières avec les bons du Trésor en toc émis par la Fed depuis 1987.
Les spéculateurs ruinés ne pourront même pas colmater les murs de leur mobil home pour se protéger des courants d'air, car à l'image des plus-values virtuelles qui s'évaporent soudain un triste matin, ces titres de créance n'ont plus aucune existence matérielle !
Philippe Béchade,
Paris
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
LA SOUDAINE EVOLUTION VERS L'ARGENT FIABLE
Hier après-midi, pas de "croisière cocktail" autour du port de Baltimore... pas de brises maritimes revigorantes... pas de soleil éclatant. pas de bières Corona au jus de citron... pas de guitares acoustiques qui jouent les airs de Layla d'Eric Clapton ou de Three Little Birds de Bob Marley... Hier après-midi, il n'y a pas eu d'activités qui ressemblaient un tant soit peu à celles de la semaine dernière. La journée a été consacrée aux affaires... aux affaires qui consistent à générer des idées de placement.
- L'amusante croisière cocktail n'était plus qu'un vieux souvenir, et toutes les personnes présentes semblaient désireuses de s'engager dans un échange d'idées animé, et parfois sans pitié. Un collègue faisait l'éloge d'une société qui a inventé un procédé destiné à écarter le risque d'infection chez les patients transplantés. Un autre chantait les louanges de l'achat d'actions "battues à plates coutures". Un troisième décrivait en détail un pari fascinant sur les nombreux gisements de pétrole "cachés" de l'Amérique.
- C'est ensuite Justice Litle, rédacteur de Outstanding Investments, qui a pris la parole. Ce savant macro-penseur a présenté un portrait parfaitement plausible de la mort future des devises occidentales, un processus qu'il appelle la "soudaine évolution vers l'argent fiable". Le reste du monde reconnaîtra sûrement dans ce phénomène un "marché haussier de l'or".
- "L'influence économique croissante de l'Asie", explique Justice, "pourrait obliger l'Occident à adopter des politiques en faveur de l'argent fiable. Si la Chine, par exemple, venait à introduire un étalon-or, ou un quasi étalon-or, les monnaies fiduciaires occidentales ne vaudraient pratiquement plus rien et le prix de l'or atteindrait au moins quatre chiffres. Dans un tel environnement, les économies occidentales risqueraient de se retrouver dans un sacré pétrin... et n'auraient même pas les moyens de s'en payer un."
- Le message apocalyptique de Justice est on ne peut plus clair : seuls les acheteurs d'or, ou les acheteurs d'actifs corporels, auront les moyens de surmonter cette "soudaine évolution" vers l'argent fiable.
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Bill Bonner est injoignable en Argentine, mais le reste de l'équipe veille...
KATRINA : L'AUTRE PROBLEME
Après l'ouragan Katrina, puis l'ouragan Rita, les Etats-Unis se concentrent sur l'impact de ces tempêtes sur le prix du pétrole -- éclipsant un autre problème croissant sur le marché des matières premières.
Selon le secrétaire américain à l'Agriculture, Mike Johanns, "on estime que les pertes agricoles causées par l'ouragan Katrina dans le sud des Etats-Unis devraient atteindre les 900 millions de dollars".
Notre collègue Erin Beale, de la lettre d'investissement Red Zone Profits, nous dit que "l'Argentine, un pays extrêmement riche en termes d'agriculture, est prête à combler le manque".
"L'Argentine se prépare à exporter plus de 10 millions de tonnes de maïs en 2006, afin de répondre à la demande mondiale que les agriculteurs américains ne pourront satisfaire."
"Ce n'est qu'une des nombreuses raisons pour lesquelles l'Argentine est l'un de mes pays émergents préférés en ce moment."
"Achetez quand le sang coule dans les rues", nous dit un dicton boursier -- triste mais reconnu ; cependant, est-ce vraiment exact ?
Oui et non, nous dit Eric Fry dans un entretien accordé à Newsday.
En ce qui concerne la stratégie d'investissement à adopter suite à Katrina, rien ne sert de courir après les actions à la mode. Au lieu de cela, conseille Eric, choisissez les valeurs énergétiques bien placées pour profiter des conséquences de la tempête -- qui ne seront pas qu'un feu de paille, comme les constructeurs immobiliers qui ont grimpé en flèche immédiatement après l'ouragan.
"Je suis certain", a continué Eric Fry, toujours cité par Newsday, "que nous verrons un bon nombre de ces flambeurs post-Katrina bien plus bas d'ici un an."
"De l'argent mort et enterré revenant à la vie mourra une fois encore."
"On m'a invité à participer à un rassemblement pour la paix à Birmingham, dans l'Alabama, parrainé par la Alabama Peace and Justice Coalition -- et j'ai été ravi d'accepter cette offre d'intervenir contre la guerre en Irak", nous a dit notre ami Lew Rockwell l'autre jour.
"J'étais bien conscient d'être là pour la forme, en tant que non-gauchiste pour un public largement à gauche... quoiqu'il en soit, j'étais heureux de parler à ce groupe, et c'était gentil de leur part de m'inviter. Le défi consistait à résumer en un discours de trois minutes ce qui pousse les libertaires à s'opposer à la guerre en Irak -- ce n'est pas facile."
"Parmi les slogans du jour, il y avait le fait qu'on devrait dépenser moins pour la guerre et plus pour les besoins sociaux. Les libertaires sont d'accord avec ça, à leur manière : rendez leur argent aux gens, et que chaque individu le dépense pour ses propres besoins sociaux !"
"Il y a deux pièges potentiels dans une telle situation : faire des courbettes devant le public, ou, erreur opposée, mettre méchamment leurs propres contradictions en relief. J'ai réalisé que le meilleur moyen de procéder, en l'occurrence, était simplement de dire la vérité du mieux qu'on peut, et au diable la stratégie rhétorique."
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Cordialement Forex Queen
Source :www.la-chronique-agora.fr
Merci Nathalie Boneil