Chronique Agora

Publié le par Forex Queen

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 29 septembre 2005
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*** Tour de magie
Le budget 2006 est arrivé...

*** A quand la fin du boom immobilier ?
Alan Greenspan est un indicateur contrarien ambulant...

*** Vous paniquez, vous ?
Bill Bonner est toujours en Argentine... mais Sean Brodrick et Dan Denning ont des choses à dire...

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Bonjour,

 TOUR DE MAGIE

 Notre gouvernement nous a gratifiés hier d'un magnifique tour de magie -- de quoi remettre Houdini, David Copperfield et les autres au rang de simples amateurs : le budget 2006.

Pas besoin d'assistante en justaucorps à paillettes ou de boîte à double fond quand on a la poudre de perlimpinpin des statistiques ! Elle permettent, d'un coup de baguette, de faire apparaître de la croissance -- 2,25% du PIB français pour 2006, d'après Bercy -- tout en noyant d'une brume dorée des facteurs comme la flambée du pétrole, l'aggravation du déficit budgétaire (46,8 milliards d'euros, qui ne devraient pas évoluer) ou celle de la dette de l'Etat (66% du PIB prévus pour l'année prochaine, contre 65,8% cette année).

Sans parler bien entendu d'une balance commerciale négative, d'un taux de chômage indigne et d'un moral général dans les chaussettes -- au point qu'on en a fait un livre, que nous avons découvert ce matin au flanc d'un bus : "La Société de la Peur". Le site internet de la Fnac nous informe d'ailleurs que l'ouvrage est déjà épuisé, signe que les Français, à défaut d'affronter leurs problèmes, aiment au moins qu'on leur en parle.

 Quoi qu'il en soit, les marchés, eux, planent bien au-dessus de tout cela. Même la chute vertigineuse de l'indice de confiance du consommateur américain (à 86,6 points en septembre, contre 105,5 le mois dernier) n'a pas réussi à vraiment entamer les velléités des lumpeninvestisseurs.

Du côté américain, les scores ont été bien partagés : le Dow Jones a terminé hier sur une hausse de 0,12%, à 10 456,21 points. Le Nasdaq, lui, a perdu 0,24% à 2 116,42 points, tandis que le S&P 500 ne bougeait pas à 1 215,66 points.

Il n'en est pas allé tout à fait de même pour les marchés européens. Le CAC 40, par exemple, est resté démoralisé, perdant finalement 0,44%, à 4 546,80 points. A Londres, le Footsie a reculé de 0,11% -- tandis qu'en Allemagne, le DAX abandonnait 0,65%. Il faut souligner, cependant, que les industriels allemands ne se laissent pas émouvoir par le bras de fer politique de ces derniers jours : l'indice IFO mesurant le climat des affaires grimpe, à 96 pour septembre.

Le dollar, lui, a des ailes -- là aussi, il a suffi de quelques passes de la part du prestidigitateur suprême, la Fed, pour que le billet vert retrouve des couleurs : le président de la Fed de Kansas City, Thomas Hoenig, a affirmé que la hausse des taux devrait se poursuivre -- ce qui donne au dollar une bonne longueur sur ses concurrents, l'euro et le yen, en matière d'attractivité. L'euro a terminé hier à son plus bas depuis deux mois : 1,2009 dollars.

Les marchés obligataires suivent le même mouvement, et les taux se tendent pour la quatrième séance de suite ; le bon du Trésor US à 10 ans s'est ainsi tendu d'un point de base, à 4,29%.

Du côté des ors -- le noir et le jaune -- on est un peu en situation d'attente. A New York, le WTI a terminé hier en baisse... mais sans toutefois repasser sous les 65 dollars, à 65,07 dollars. Les déclarations fracassantes de l'Arabie Saoudite, qui affirme que ses réserves prouvées devraient doubler "prochainement", laissent visiblement les marchés sceptiques... ils préfèrent attendre de voir ce que dit l'état des réserves actuelles : le chiffre doit être publié aujourd'hui même à 16h30.

Du côté du métal jaune, les prises de bénéfices continuent de se succéder ; l'once a ainsi perdu 1,55 dollars au second fixing de Londres hier, terminant à 464,10 dollars.

Prise d'une soudaine poussée de nostalgie, nous avons vérifié la toute première Chronique à laquelle nous ayons participé, datant du 30 octobre 2002 -- à l'époque, l'once était à... 317,65 dollars. Nous n'avons pas la prétention de prévenir l'avenir (et nous sommes moins bien équipée, en matière de magie noire et autres arts divinatoires, que Bercy ou la Fed), mais quelque chose nous dit que, lorsque nous regarderons la Chronique de ce jour dans trois ans de ça, l'or aura dépassé les 500 dollars.

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Eric Fry, en direct de Wall Street

 A QUAND LA FIN DU BOOM IMMOBILIER ?

Ces derniers temps, votre rédacteur s'est vu contrarié par certaines pensées récurrentes :

1) Pourquoi les aliments les plus succulents que Dieu a créés contiennent-ils autant de cholestérol ?

2) Est-il possible que la bulle américaine de l'immobilier éclate juste au moment où tant de gens -- le Président Greenspan, en particulier -- s'y attendent ?

- La réponse à ces questions n'est pas facile, mais voici quelques vagues idées sur les deux thèmes abordés. Prenons tout d'abord le cas du cholestérol.

- Certes, le cholestérol contribue aux fonctions vitales du corps. Cela n'explique pourtant pas pourquoi tous les aliments délicieux affichent une forte teneur en cholestérol, et pas les aliments dégoûtants ? Comment se fait-il qu'un sundae contienne du cholestérol et que la courge n'en contienne pas ? Ou pour reformuler ma question, le monde ne serait-il pas plus amusant si la crème brûlée contenait moins de cholestérol que les choux de Bruxelles ? Malheureusement, Dieu en a décidé autrement. Le taux de cholestérol n'est peut-être pas la préoccupation principale du monde, et pourtant, cette substance si mauvaise pour le coeur est partout. Pourquoi en est-il ainsi ? Dieu seul le sait...

- C'est sûr, pour 2005, Dieu aurait pu créer des vaches qui produisent du lait fort en goût, sans matières grasses ni cholestérol (imaginez les possibilités génétiques à Sa disposition, lui qui a toute l'éternité pour agir). Toutefois, pour des raisons qui nous échappent, nous, simples mortels, Il ne l'a pas fait. A la place, Il a décrété que les aliments comme le brie seraient plus dangereux pour la santé que les aliments tels que les brocolis. Bref, les aliments riches en cholestérol sont un mystère, un mystère qui a quelque peu contribué au taux de cholestérol légèrement élevé de votre rédacteur.

- Pourtant, je ne me plains pas... Un taux de cholestérol élevé est le sort réservé aux gens qui ont plus qu'assez à manger. Les populations défavorisées du monde ne se soucient guère plus du cholestérol qu'ils ne se préoccupent des tarifs des discothèques du pays. Le cholestérol fait donc partie des maux réservés au monde "relativement riche". Il est là pour nous rappeler qu'il faut profiter de l'instant présent, mais pas au risque de raccourcir les moments futurs.

** Passons cette fois à la deuxième question du jour : le marché immobilier est-il en train de se tarir ? Il y a de cela deux ans, les seuls partisans de la "bulle immobilière" semblaient faire partie de la tribu des agités du bocal. Il y a un an, ils semblaient un tout petit peu moins fous, mais représentaient toujours une minorité distincte. Aujourd'hui, tout le monde ou presque semble craindre une bulle immobilière et s'attend à ce qu'elle éclate -- ou commence à se dégonfler -- très bientôt.

- Nous nous sommes comptés dans la majorité des observateurs du marché immobilier qui font de la bulle une phobie. Pourtant, cet avis négatif est devenu si répandu que nous sommes contraints d'envisager d'autres scénarios. Pour nous, aucun doute là-dessus : ce ne sont ni les excès ni les risques qui manquent sur le marché immobilier. Ce n'est pas pour autant que la bulle doit éclater en septembre 2005, juste au moment où tant de gens -- y compris Greenspan -- semblent s'y attendre.

- Ce qui nous inquiète le plus dans tout ça, c'est justement le fait que le président Greenspan ait commencé à se préoccuper du marché immobilier. Traduisez par : si Greenspan s'inquiète, c'est probablement qu'il n'y a aucun souci à se faire. Le président est une sorte d'indicateur contrarien ambulant, qui se fait toujours le porte-parole des avis prédominants en matière d'investissement -- avis qui sont bien souvent les pires.

- En 1996, Greenspan s'inquiétait au sujet du marché actions, alors en pleine effervescence. Pourtant, en 2000, il prônait une révolution de la productivité qui semblait valider le prix élevé des actions de l'époque, c'est-à-dire au moment où la bulle a éclaté et que le marché actions s'est effondré.

- Vous vous en souvenez peut-être, le 5 décembre 1996, Greenspan prononçait sa fameuse remarque sur "l'exubérance irrationnelle". Pour le monde entier, la remarque de Greenspan ressemblait à une déclaration selon laquelle le prix des actions avait atteint un niveau trop élevé. (Greenspan n'a jamais contesté cette interprétation, pas plus qu'il n'a retiré ce qu'il avait dit).

- Sur les trois ans qui ont suivi, le Nasdaq a quadruplé. Pourtant, Greenspan ne s'est pas inquiété outre mesure de la flambée du prix des actions, bien au contraire. Au début de l'an 2000, alors que le Nasdaq flirtait avec la barre des 5 000, le président a décrété que finalement, le prix des actions n'était pas si élevé que ça.

- Le 6 mars 2000, Greenspan a déclaré lors d'une conférence à l'Université de Boston sur la "Nouvelle économie" que l'économie basée sur Internet allait continuer à encourager la productivité, l'innovation technologique et la création durable de richesse.

- "Je ne vois rien qui puisse laisser présager la prochaine disparition de ces opportunités" Greenspan a-t-il prédit. "En fait, nombreux sont ceux qui prétendent que le rythme des innovations va continuer à s'accélérer dans les années à venir, étant donné que les sociétés vont continuer à profiter du potentiel encore non-exploité du commerce électronique..."

- Hélas, Greenspan n'était pas descendu du podium que le Nasdaq atteignait son apogée. Le 27 août dernier, le Président Greenspan repensait tout haut à la valeur des actifs. Cette fois-ci, ses pensées concernaient non pas le logement, mais les actions.

- "A plus court terme, le boom de l'immobilier va inévitablement se calmer", le Président a-t-il déclaré le mois dernier lors du colloque qui s'est tenu à Jackson Hole sur les problèmes économiques. "Dans le cadre de ce processus, l'achat de maisons va diminuer par rapport à ses niveaux records actuels, l'augmentation du prix des maisons va ralentir et il se pourrait même que les prix baissent. Par conséquent, l'extraction de valeurs immobilières sera facilitée, et par la même occasion, l'ampleur des dépenses de consommation personnelle..."

- C'est vrai ; le boom de l'immobilier va "inévitablement se calmer", comme l'a prédit le Président, mais peut-être pas forcément "à court terme". En effet, le rapport paru avant-hier sur les ventes de maisons suggère que le marché immobilier n'a pas du tout l'intention de se calmer. En août, les ventes de maisons non-neuves ont atteint leur deuxième niveau record, tandis que le prix des maisons n'avait pas autant augmenté en 26 ans. Le prix moyen des maisons a grimpé à un niveau record de 220 000 dollars en août, soit une hausse de 15,8% par rapport au mois d'août de l'an dernier. Il s'agit là de la plus forte augmentation en 12 mois depuis juillet 1979.

- Qu'est-ce qui pourrait bien faire que le boom immobilier américain demeure bien plus longtemps que ce que la plupart d'entre nous imagine ? Peut-être une confluence de facteurs...

- Plus précisément, il se peut que le prix du pétrole et de la plupart des autres matières premières "se calme" un moment, ce qui permettrait aux consommateurs de reprendre confiance. L'apaisement des prix des matières premières pourrait permettre une nouvelle baisse des taux d'intérêt. Et nous savons tous ce que font les consommateurs confiants lorsque les taux d'intérêt sont bas : ils empruntent et ils achètent... en particulier des maisons. Une baisse des taux d'intérêt permettrait également aux prêteurs hypothécaires d'aider les acheteurs immobiliers à s'offrir davantage de maisons que ce qu'ils pourraient acheter dans d'autres circonstances.

- Le boom immobilier aura une fin, mais peut-être pas forcément au moment où Greenspan l'a annoncé.

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Bill Bonner est toujours en Argentine... mais Sean Brodrick et Dan Denning ont des choses à dire

 VOUS PANIQUEZ, VOUS ?

Toujours pas de nouvelles de Bill aujourd'hui -- mais pas d'inquiétude, nous avons reçu une note tout aussi intéressante de la part de notre ami Sean Brodrick :

 "Les raffineries à l'est de Houston pourraient être fermées pendant un mois après le passage de Rita, dit-on. Moi, je ne panique pas. Vous paniquez, vous ? Naaan, pourquoi paniquer quand toutes ces raffineries sont fermées alors qu'elles devraient fabriquer du carburant de chauffage ? Vous savez pourquoi je ne panique pas ? Parce que j'habite en Floride, et que je n'ai pas besoin de fioul. Par contre, quiconque se chauffe au fioul, à l'approche d'un hiver potentiellement très très froid, devrait s'acheter une paire de caleçons longs."

"Sérieusement, je doute que toutes ces raffineries restent hors service pendant un mois. C'est ce qu'ils avaient dit après Katrina, et il ne reste actuellement que quatre raffineries hors d'usage à cause de Katrina."

 "Mais, dans les faits, les raffinerie ne fonctionnant pas (temporairement) ne fabriquent pas de carburant de chauffage. Et un individu avec un fort accent parlait sur CNBC ce matin (un fort accent rajoute toujours du poids à ce que vous dites) en disant que le gaz naturel allait grimper à 20 dollars d'ici Noël. Est-ce que c'est vrai ? Je ne sais pas, mais je suis heureux de ne pas vivre à Baltimore. Ou à Chicago. Il fait un froid de caneton enragé, à Chicago."

"Oh, et le prix de l'essence sans plomb ? Vers l'infini et au-delà ! Peut-être pas cette semaine. Mais si ces raffineries ne sont pas remises sur pied rapidement, ça pourrait bientôt arriver. Et les Etats-Unis n'obtiendront guère de soutien de la part du Canada, sur ce coup-là -- ils payent déjà l'équivalent de 6 dollars le gallon."

"Enfin, la Maison-Blanche a un plan. Le président Bush a demandé à tous ses concitoyens de faire des économies volontaires. C'est un grand changement par rapport à ce que disait le vice-président Cheney : 'Les économies d'énergie sont peut-être un signe de vertu personnelle, mais ce ne sont pas une base suffisante pour une politique énergétique saine et complète'."

 "Mais ça, c'était il y a des siècles, et avant une série d'ouragans. Aujourd'hui, on parle d'économies. Aujourd'hui, on dit que Rita n'a pas trop perturbé l'industrie pétrolière. Dommage que nous soyons assez intelligents pour savoir que c'est un mensonge pur et simple. La question, c'est quand les thermostats des idiots à température ambiante de la CNBC vont-ils s'allumer ?"

 "Et si Rita n'a pas dévasté les régions pétrolières, pourquoi Bush propose-t-il de mobiliser les réserves stratégiques américaines ? Et ce plan consistant à renforcer lesdites réserves ? C'est oublié ? Est-ce qu'on a de plus gros problèmes en ce moment ? Sommes-nous des cigales gambadant à l'approche de l'hiver, qui regrettent de n'avoir pas mis de côté comme la fourmi, au lieu d'acheter ce 4x4 géant qui avait une telle allure dans les pubs à la télé. Bon sang, ce 4x4 a de la classe -- il va parfaitement avec notre gros médaillon en or."

"Donc je ne panique pas. Et vous ? Nan." 

 "L'autre soir, un journaliste radio canadien m'a demandé si le Canada attraperait une pneumonie si les Etats-Unis, de leur côté, étaient affectés par un rhume des dépenses de consommation provoqué par un krach de l'immobilier", a déclaré Dan Denning.

"Pas aussi rapidement que vous pourriez le penser", ai-je répondu. 

"Pour l'instant, les Etats-Unis et le Canada sont essentiellement des partenaires commerciaux. Mais la stratégie chinoise et la politique commerciale américaine mettent à mal ces relations. Et au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte, le président chinois Hu Jintao s'est rendu au Canada pour discuter avec nos voisins du nord, et leur rappeler au passage que si les Américains leur compliquaient la tâche pour exporter leurs ressources vers le sud, les Canadiens devraient regarder vers l'est."

"La Chine, comme d'habitude, cherche à combler ses besoins en matières premières. Mais les Canadiens voient-ils un grand méchant loup chinois dans toute cette stratégie ? On ne le dirait pas. Monte Solberg, membre conservateur du parlement canadien, a été cité dans le Toronto Globe and Mail, disant : 'il est assez évident que si les Américains semblent avoir quelque peu renoncé au concept de libre-échange, nous devons trouver d'autres marchés pour nos produits, et la Chine va bien entendu être un marché majeur pour ces produits'."

"Solberg a également souligné que le Canada avait besoin d'une 'stratégie agressive' pour ouvrir le marché chinois. On dirait que les Chinois ont pris les devants, tandis que les Américains ignorent tout ça royalement."

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Cordialement Forex Queen

Source :www.la-chronique-agora.fr

Merci Nathalie Boneil

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Publié dans forexqueen5

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