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Publié le par Forex Queen

Bourse : repartez du bon pied

Novembre 2005

Le redressement des marchés donne envie d’acheter des actions. Comme en 2000… Mais pas question de reproduire les mêmes erreurs qu’à l’époque. Voici la marche à suivre.

Septembre 2005 fut pour Euronext, le gestionnaire des marchés boursiers de Paris, de Bruxelles, d’Amsterdam et de Lisbonne, le mois le plus actif de son histoire. En hausse de plus de 40 % par rapport à septembre 2004, le nombre de transactions sur les actions ou les trackers, ces fonds indiciels cotés, a, en effet, dépassé les 15 millions. L’explication ? Elle se trouve sans nul doute dans l’évolution de la Bourse depuis son point bas de mars 2003. Pour le CAC 40, le principal baromètre de la Bourse de Paris, elle atteint plus de 80 % ! Cette situation n’est pas sans rappeler… le triste printemps 2000.
A l’époque, alors que le marché avait progressé de 72 % depuis dix-huit mois, les souscriptions sur les fonds actions explosaient, elles, littéralement. Et près des deux tiers des actionnaires actifs souhaitaient même augmenter encore leurs placements en Bourse. L’analogie ne se limite pas aux comportements des investisseurs. Les grandes manœuvres lancées aujourd’hui par Saint-Gobain, Adidas, Bouygues ou encore Bolloré et Publicis pour le contrôle d’Aegis réveillent le souvenir des méga-fusions initiées en 1999 et 2000. Totalfina voulait alors mettre la main sur Elf Aquitaine, BNP et la Société Générale se battaient pour le contrôle de Paribas tandis qu’Alcan souhaitait faire alliance avec Pechiney et Algroup.

Le couple risque/rendement restera favorable aux actions à court terme

Ces similitudes cachent pourtant un contexte différent, laissant présager un autre avenir boursier. D’abord, le marché français reste sous-valorisé par rapport à Wall Street, mais aussi par rapport à sa moyenne historique. Les valeurs du CAC 40 se paient en moyenne 13 fois leurs bénéfices estimés pour 2005, contre 34 fois, fin 1999. L’importance des liquidités injectées au niveau mondial par les banques centrales – asiatiques en particulier – et la nécessité de recycler les « pétrodollars » viendront aussi soutenir les actions. La manne pétrolière générée par la hausse du prix du baril depuis un an est estimée à 650 milliards de dollars dans le monde, dont environ un tiers repart sur les marchés financiers. Ajoutons que la prime de risque, c’est-à-dire la surperformance attendue des actions par rapport aux placements monétaires, est encore élevée. C’est quand elle disparaîtra, autrement dit quand personne n’aura plus peur d’investir en actions, qu’il faudra sortir des marchés. Ce qui n’est pas, à court terme, le scénario privilégié par les stratégistes.
Si la Bourse ne se laisse impressionner ni par la flambée des prix du pétrole ni par la faiblesse du dollar ou la violence des cyclones, il ne faut pourtant pas investir à tort et à travers. Et, surtout, garder en tête que le marché est fait de hauts mais aussi de bas. Dans ce contexte, nous vous livrons la marche à suivre pour investir ou réinvestir en Bourse à bon escient. Histoire de ne pas renouveler les erreurs les plus fréquemment commises en 2000 en pleine euphorie des marchés.

Sept règles d’or pour bien sélectionner les titres

1) Acheter les actions à leur juste valeur

L’erreur faite en 2000. Pour apprécier le prix d’une action, les investisseurs se fient le plus souvent au rapport entre son cours et le bénéfice net estimé par action. C’est le PER (price earning ratio) ou multiple de capitalisation. Lors de la bulle des valeurs technologiques, les investisseurs l’ont seulement étudié en comparaison de celui du marché ou des concurrents. On achetait ainsi Alcatel en septembre 2000 à un PER de 36, parce que celui des technos était proche de 50 ! En outre, au nom de la nouvelle économie, une partie des analystes financiers avaient inventé de nouveaux ratios pour justifier des prix exorbitants. Comme le PEG (price earning to growth), un PER rapporté à la croissance escomptée des bénéfices… Ceux qui les ont suivis ont perdu 85 % de leur investissement en deux ans.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. Comparer le PER de la valeur à celui du marché et de la concurrence reste utile. Mais il faut aussi le mettre en parallèle avec des données historiques. En 2000, le ratio cours/bénéfices d’Alcatel valait, en effet, trois à quatre fois sa valeur des quinze dernières années. Sur Total, la principale capitalisation parisienne, l’étude du PER donne un signal d’achat : le multiple 2005 est inférieur à celui des autres compagnies et très en dessous de son prix historique. Reste qu’une action s’achète sur ses perspectives. Faible pour l’instant, la croissance attendue du bénéfice par action 2006 devrait être revue à la hausse grâce à l’impact d’un baril à 60 dollars. Il faut donc surveiller de près les prévisions de résultats. Les analystes anticipent désormais une croissance des bénéfices 2005 du CAC 40 de 19 %, contre 10 % en janvier. Voilà qui explique la hausse de la Bourse.

2) Ne pas souscrire à toutes les introductions

L’erreur faite en 2000. Acheter des entreprises sans passé, aux activités mal définies, aux perspectives des plus floues et qui n’avaient jamais dégagé de profits relevait du casino. Tout particulièrement pour les 55 entreprises introduites sur le Marché libre. Rien d’étonnant à ce qu’une société comme PèreNoël.fr, valorisée 37 fois son chiffre d’affaires, ait aujourd’hui disparu.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. Les introductions ont repris l’an dernier avec un certain succès. La preuve : PagesJaunes a grimpé de près de 50 % en un an. L’emballement pour Rueducommerce.com comme pour Meetic témoigne d’un appétit retrouvé des investisseurs pour les valeurs Internet. Mais par prudence, mieux vaut ne s’intéresser qu’aux sociétés dégageant des bénéfices. Par ailleurs, il est également nécessaire de prêter attention aux modalités de l’opération lors d’une introduction. Et ne pas oublier de lire les facteurs de risques présentés dans le document de référence consultable sur le site (
www.amf-france.org) de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

3) Rester méfiant sur les nouveaux marchés

L’erreur faite en 2000. Créé en mars 1996 – à l’image du Nasdaq – pour financer les jeunes entreprises innovantes, le Nouveau Marché avait été inauguré par Infonie. Pendant trois ans, il a affiché de spectaculaires progressions, réalisant même une hausse moyenne de 135 % en 1999. Résultat : 19 % des actionnaires actifs sont intervenus sur ce marché en 2000, contre seulement 8 % un an plus tôt. Mauvais plan ! Ce marché s’est effondré aussi vite qu’il avait atteint les sommets : sa capitalisation est ainsi passée de plus de 84 milliards d’euros, en mars 2000, à seulement 8 milliards fin 2004.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. Cette année, le Nouveau Marché s’est fondu dans l’Eurolist, la nouvelle cote rassemblant toutes les entreprises cotées sur des marchés réglementés. Une cote où les entreprises sont classées par compartiment en fonction de leur capitalisation. En revanche, Euronext vient de créer Alternext, un nouveau marché structuré mais non réglementé, n’offrant donc pas les mêmes garanties que l’Eurolist. Inauguré par Meilleurtaux.com, il offre aux sociétés souhaitant lever des capitaux dans la zone euro des conditions simplifiées d’accès au marché. S’il est moins risqué que le Nouveau Marché, il ne faut jamais s’y engager sans jeter un œil sur les volumes d’échanges… et seulement pour une faible part de son portefeuille.

4) Réinvestir progressivement

L’erreur faite en 2000. A l’époque, le marché à règlement mensuel autorisait les intervenants à acquérir les titres des plus grandes valeurs de la cote sans avoir les fonds, le paiement ne se faisant pas au comptant mais en fin de mois au moment de la livraison des titres. Il s’agissait d’un crédit gratuit de quelques jours ou de quelques semaines, particulièrement incitatif dans un marché haussier. Du coup, ce système poussait les investisseurs à prendre des risques sur des sommes qu’ils ne possédaient pas. La naissance du Service de règlement différé (SRD), le 25 septembre 2000, a changé la donne. Le comptant est alors devenu la règle, tandis que l’achat à crédit fait l’objet d’une commission comme sur toutes les autres places boursières. Même s’il est toujours possible d’acheter ou de vendre pour un montant équivalant à quatre ou cinq fois les sommes possédées, les courtiers en ligne estiment aujourd’hui à moins de la moitié du total les opérations réalisées au SRD avec effet de levier.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. Il faut prendre son temps et constituer progressivement son portefeuille. Autre conseil : s’intéresser à un nombre restreint de valeurs que l’on apprendra à comprendre et à suivre. Il n’y a, en effet, rien de pire que d’investir en une seule opération sur des actions dont on a juste entendu parler une fois… Par ailleurs, l’histoire boursière montre que les investisseurs, et surtout les particuliers, n’entrent jamais au plus bas des marchés pour sortir au plus haut, mais font plutôt l’inverse. En achetant progressivement, on réduit ainsi le risque de tout investir à la veille d’une forte chute, quitte à rogner un peu sur la performance. En pratique, mieux vaut privilégier les ordres à cours limité : simples à utiliser, ils offrent la garantie de ne pas dépasser le prix maximal fixé par l’investisseur pour un achat ou, pour une vente, le prix minimal déterminé. Il faut aussi utiliser avec parcimonie le SRD, même pour les boursiers plus avertis. Enfin, il est nécessaire de garder un volant de liquidités de l’ordre de 20 % pour profiter d’une opportunité, sans avoir à vendre rapidement un titre disposant encore d’un potentiel de hausse.

5) Prendre en compte le rendement

L’erreur faite en 2000. Les dividendes ont été complètement oubliés pendant les années de forte progression boursière. A tel point que 20 % seulement des sociétés cotées aux Etats-Unis versaient un dividende en 1999, contre les deux tiers vingt ans plus tôt. Quel poids pesait, en effet, le rendement dans une décision d’investissement quand la progression du marché dépassait 20 % l’an ? Après la hausse de 50 % en 1999, on ne cherchait plus en 2000 que la croissance génératrice de plus-values boursières. Une vision à court terme dont on a vu les dégâts quand le marché s’est retourné.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. Selon Jean-Pierre Petit, l’économiste de marché d’Exane BNP Paribas, la rentabilité réelle moyenne des actions est de 7 % en Europe sur les quatre-vingts dernières années. Se priver du rendement, estimé aux alentours de 4 % pour les sociétés les plus généreuses, revient donc à se priver de la moitié de la performance. Les entreprises qui versent de confortables dividendes sont en général matures, rentables et à forte visibilité. Trois bonnes raisons pour les acquérir tout en surveillant que la part des bénéfices distribués n’est pas au plafond. Faute de quoi, il n’y aurait plus de marge de manœuvre. Mais attention à ne pas concentrer son portefeuille sur les valeurs offrant les plus forts rendements du marché. Plus de la moitié des quinze sociétés les plus généreuses avec leurs actionnaires, parmi les cent valeurs les plus actives de la place parisienne, sont des financières. Il faut donc compléter son portefeuille avec des titres de sociétés jouant de leur côté la carte de la croissance.

6) Rechercher les plus-values… sur le long terme

L’erreur faite en 2000. La forte hausse des marchés à la fin des années 1990 comme la réussite systématique des introductions laissaient penser que gagner en Bourse en peu de temps était la règle. Les day traders – spécialistes des allers-retours sur une valeur dans la même journée – se multipliaient alors, attirés par la baisse des frais de courtage chez les nouveaux courtiers en ligne. Pourtant, sur le marché américain où cette pratique est largement développée, il a été démontré que seuls 10 % des intervenants gagnent de l’argent de cette façon.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. En Bourse, seul le long terme doit être visé. Plus la durée de l’investissement est élevée, plus les chances de réaliser un gain sont grandes et plus celui-ci est important. Mais il faut également savoir prendre ses bénéfices, en se fixant un objectif et en vendant dès qu’il est atteint. Même dans un marché haussier ! Tout comme il faut céder ses titres rapidement si l’on réalise qu’une erreur dans le choix d’une valeur a été faite. Inutile d’attendre d’avoir beaucoup perdu.

7) Jouer la diversification sectorielle

L’erreur faite en 2000. Les valeurs TMT (technologie, médias, télécommunications), principales responsables de la hausse des marchés au quatrième trimestre 1999, étaient en bonne place dans les portefeuilles des particuliers début 2000. Même ceux qui limitaient leurs investissements au CAC 40 avaient des comptes-titres fortement concentrés sur ces valeurs séduisantes. Pour une raison simple : les TMT pesaient en mars 2000 près du tiers de la capitalisation de l’indice contre moins de 15 % aujourd’hui.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui. La vie des marchés est faite de cycles. Après l’éclatement de la bulle Internet, les valeurs de rendement ont eu le vent en poupe. Aujourd’hui, l’aversion au risque devenant moins grande, les sociétés de croissance ont la faveur des investisseurs. En pratique, il faut veiller à mettre en portefeuille des titres de secteurs différents, car tous ne réagissent pas aux mêmes variables. Les financières sont très sensibles à l’évolution des taux d’intérêt, alors que l’automobile l’est au prix des matières premières. Les fleurons du luxe sont dépendants de l’évolution du dollar ; la distribution du niveau de la consommation.

Source : Mieux Vivre Votre Argent

Cordialement FxQ

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Publié dans forexqueen5

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