HORREUR
Le gang des kidnappeurs d'Ile-de-France démantelé
FAUX IL EN MANQUE 1 ENCORE YOUSSEF FOFANA
WANTED
PARIS (Reuters) - Douze personnes ont été arrêtées en banlieue parisienne et une autre en Belgique dans l'enquête sur le rapt et la mort d'un homme victime d'un gang de kidnappeurs en Ile-de-France, annonce le procureur de Paris, Jean-Claude Marin. Un homme présenté par le parquet comme le chef du gang a cependant réussi à échapper à l'opération, menée dans la nuit de jeudi à vendredi à Bagneux (Hauts-de-Seine) par près de 200 policiers. Une photo de ce suspect, Youssef Fofana, déjà connu de la justice pour des vols avec violences, a été remise à la presse. Au moins deux autres personnes, des jeunes femmes qui auraient servi à "appâter" les victimes, sont également recherchées. Certains des suspects ont reconnu les faits en garde à vue et expliqué que Youssef Fofana se disait lui-même "chef du gang des barbares" ou "brain of the barbarians" en anglais, a rapporté le procureur. Ce groupe, dont les membres présumés sont âgés de 17 à 32 ans, aurait séquestré à partir du 21 janvier à Bagneux, dans un logement prêté par un gardien d'immeuble, un jeune vendeur en téléphonie de Paris, avant de le torturer à mort. Le jeune homme a été retrouvé lundi dernier agonisant près d'une voie ferrée de l'Essonne et n'a pas survécu à ses blessures. Le mobile de crime n'est pas élucidé, car le gang semble avoir agi d'abord dans l'espoir d'obtenir une rançon. Une somme de 450.000 euros, réduite par la suite, avait été demandée à la famille par internet, SMS ou par téléphone. La remise de fonds ne s'est jamais faite, pour des motifs encore inconnus. La police surveillait les transactions. "Le mobile antisémite (du meurtre) n'est pas avéré au moment où nous parlons", a dit Jean-Claude Marin, qui répondait à des rumeurs circulant dans la communauté juive. Le jeune homme avait été attiré dans un piège par une jeune femme se disant séduite. Selon le procureur, Youssef Fofana aurait appelé le père de la victime jeudi au téléphone pour lui demander de payer la rançon. UN DES "APPATS" S'EST LIVRE Les enquêteurs imputent aussi à ce groupe au moins six autres tentatives avortées d'enlèvements menées depuis la fin de l'an dernier, toujours avec l'utilisation de jeunes femmes qui séduisaient les victimes et leur fixaient des rendez-vous en forme de guet-apens. Les victimes n'étaient pas de confession juive dans ces cas, a souligné le procureur. La police a pu démanteler le gang après qu'une jeune femme blonde disant avoir servi d'appât dans deux de ces tentatives avortées s'est présentée spontanément à la police jeudi, dénonçant le groupe. Elle aurait été reconnue par son entourage après la diffusion cette semaine dans la presse d'un portrait-robot. "Cette personne a accepté d'être un appât dans deux tentatives. Ayant échoué dans son approche, elle a été mise à l'écart et on lui a préféré d'autres appâts", a expliqué le procureur. Un autre homme ayant été pressenti pour servir d'intermédiaire pour une remise de fonds était déjà interrogé depuis mardi par la brigade criminelle. L'homme arrêté en Belgique aurait eu un rôle identique, car une remise de fonds à Bruxelles avait été un temps envisagée. Le groupe est composé de jeunes actifs ou chômeurs qui se caractérisent, selon le procureur, par leur attirance pour la "violence gratuite et spontanée". Le directeur de la PJ parisienne, François Jaspart, a souligné l'usage des nouvelles technologies, nouveau dans ce type d'affaire. Le procureur a insisté sur "l'absence de toute rétention sociale et l'extrême violence" des membres de ce groupe.

PAIX A SON AME . ILAN H.