Des places convoitées

Publié le par Forex Queen

La valse des capitaux touche les sociétés de cotation elles-mêmes. Londres résiste, Paris est menacé



Pas de trêve pascale pour la guerre du business! Depuis le début de janvier, son intensité ne se dément pas. L'espagnol Sacyra, sans y être invité, dépassé les 30% dans le capital d'Eiffage, Alcatel est monté à 21,6% dans Thales, Arcelor, en couvrant d'or ses actionnaires, porte à Mittal une botte secrète.
Mais, c'est la nouveauté, les entreprises ne sont plus les seules à se battre et les Bourses qui les abritent prennent aussi les armes. Déjà, ces derniers mois, Londres a repoussé trois offres d'achat dont une venue du Nasdaq américain. Et Euronext est aujourd'hui fortement menacé. Ces sociétés qui assurent notamment la cotation des entreprises et le négoce de leurs actions sont en effet restées, malgré la mondialisation des marchés financiers, largement nationales. Tout le parti de ce que peut l'informatique n'a donc pas encore été tiré, même si, comme le rappelle l'économiste Bertrand Jacquillat, «les progrès continus des télécommunications ont fait passer le nombre de Bourses indépendantes aux Etats-Unis de plus d'une centaine à la fin du XIXe siècle à 22 en 1935 et à 7 aujourd'hui». De même, la France abritait 7 Bourses d'actions il y a vingt ans. Il s'agit maintenant de passer les frontières. Déjà la Bourse de Paris s'est muée, en 2000, en fédération en se mariant dans Euronext avec Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. Ce qui a permis une baisse de ses tarifs de 30%. Mais les Parisiens sont volages. Aussi, les investisseurs institutionnels, les banquiers, les grands groupes, bref, tout ce qui fait une place financière, se sont hâtés de revendre leurs parts à peine la cotation d'Euronext effectuée, en 2001. Résultat: alors que le London Stock Exchange (LSE) est fermement tenu par ses 80% d'actionnaires britanniques, Euronext est détenu aux deux tiers par des Anglo-Saxons, notamment des hedge funds, qui le poussent dans les bras de Francfort, dont ils sont également actionnaires. Leur poids respectif et leur organisation font que cela reviendrait à laisser les commandes à la Deutsche Börse et à installer à Francfort, après la BCE, un nouveau centre financier. «Il y aura un effet boule de neige sur tous les métiers de la finance», s'inquiète Catherine Lubochinsky, professeur à Paris II. Si, à Paris, certains relativisent - «L'attractivité, dit un financier, tient bien davantage aux lois fiscales et sociales» - d'autres s'affolent un peu tard, et tentent de reconstituer le noyau dur brisé en 2001.
Publicité

Publié dans forexqueen5

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article