L' OR
L'or tente d'escalader le mur des 700 dollars
L'or fait feu de tout bois, profitant tout à la fois de la faiblesse du dollar - qui engendre le plus souvent l'augmentation des coûts d'extraction, incitant les sociétés aurifères à contenir leurs débits - et des fortes tensions internationales provoquées par le dossier épineux du nucléaire iranien.
Unis ainsi que par l'accalmie sur le front de l'or noir, induite par la hausse inattendue des stocks américains de pétrole brut. Mais ce temps d'arrêt risque bien d'être de courte durée si l'on se fie aux prédictions des spécialistes. Il est vrai que l'or profite actuellement d'une forte convergence de facteurs haussiers. D'abord, les tensions internationales, ravivées par la décision du régime des mollahs iraniens de relancer le programme nucléaire du pays. Depuis l'annonce par les autorités de Téhéran, le 9 janvier, de la reprise des recherches dans le nucléaire civil, l'or a gagné près de 25 %. Traditionnellement perçu comme une valeur refuge dans les périodes de relations internationales troublées, le métal jaune n'avait cependant pas obtenu un support durable lors des deux guerres d'Irak, tempère Michael Widmer, analyste chez Macquarie Bank.
Dans le cas de la crise iranienne, toutefois, les choses sont différentes. Simplement parce qu'elle dure depuis plusieurs mois sans qu'aucune issue positive n'ait été trouvée par les parties qui s'affrontent. De plus, souligne-t-il, l'Iran est l'un des principaux pays producteurs de pétrole, dont la poursuite de la hausse pourrait entraîner un dérapage inflationniste, contexte macroéconomique toujours propice aux cours de l'or.
L'autre grand facteur déterminant des prix de l'or, c'est, bien entendu, le dollar, avec lequel il entretient une forte corrélation négative. Outre l'élément largement reconnu de la position de l'or comme placement de couverture des risques inhérents à toute baisse de la devise américaine, l'expert énonce les effets sur l'offre de la dépréciation du billet vert. Comme l'essentiel de la production de métal provient de pays autres que les Etats-Unis, le repli du dollar engendre le plus souvent l'augmentation des coûts d'extraction, incitant les sociétés aurifères à contenir leurs débits. C'est encore plus vrai quand les monnaies des principaux pays producteurs de matières premières - le rand sud-africain, les dollars canadien et australien - sont propulsées, comme ces dernières années, par la longue ascension des prix des ressources minérales. Une offre brimée par ces facteurs de change ne peut que plaider en faveur de cours de l'or raffermis.
MASSIMO PRANDI
Les Echos – 4-mai-06
Article mise en ligne par So Curious