Montrer du doigt
Morgan Stanley: le PDG contraint à la démission après des mois de fronde

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NEW YORK (AFP) - Philip Purcell, le PDG de la banque d'affaires Morgan Stanley, a fini par démissionner lundi après des mois d'une virulente fronde des investisseurs émaillée d'une fuite des cerveaux.
M. Purcell devrait quitter son poste d'ici mars 2006, date de la prochaine assemblée générale des actionnaires, une fois qu'un successeur lui aura été trouvé, a précisé Morgan Stanley dans un communiqué. Quelques mois après le patron de Disney Michael Eisner, Philip Purcell a donc été lui aussi victime d'une fronde interne. Le PDG a annoncé lui-même son départ dans une lettre aux employés empreinte d'amertume. "Laissez-moi vous dire qu'il ne sera pas facile pour moi de partir", a-t-il affirmé. Mais il a pris acte de la contre-publicité désastreuse qui affecte Morgan Stanley, via les médias financiers notamment, depuis des mois qu'il est sur la sellette. "Il est devenu clair, à la lumière des attaques personnelles constantes contre moi et de la publicité négative sans précédent dont le groupe a souffert, que c'est la meilleure chose que je puisse faire pour vous, nos clients et nos actionnaires", a-t-il affirmé. "J'estime profondément que les attaques sont injustifiées, mais malheureusement, elles ne semblent pas devoir s'arrêter", a-t-il ajouté. Un responsable de la banque d'affaires a assuré que M. Purcell était parti de son plein gré et que personne ne l'avait poussé vers la sortie. Mais sa démission semblait inéluctable, après des mois d'une guerre d'usure initiée par huit anciens dirigeants de la banque. Depuis la fin mars, ceux-ci critiquaient violemment sa gestion de la banque d'affaires et exigeaient son départ. Morgan Stanley a assuré qu'aucun d'entre eux, ni aucun de leurs partisans, ne faisait partie des options sur la table pour le remplacement de M. Purcell. Les huit contestataires jugeaient notamment que la fusion en 1997 de Morgan Stanley et l'organisme de cartes de crédit Discover orchestrée par M. Purcell est un échec, et s'insurgeaient contre un exode des cerveaux déclenché par la promotion de deux proches de M. Purcell à des postes de très haute direction. En effet fin mars, trois hauts dirigeants très respectés avaient démissionné avec fracas, suivis par deux banquiers vedettes du groupe mi-avril. Cerise sur le gâteau, vendredi huit courtiers ont fait connaître leur intention de quitter le groupe. Mais les contestataires dénonçaient surtout la chute de l'action du groupe, qui a fondu de près de 50% en cinq ans alors que les titres de ses principaux concurrents se sont beaucoup mieux comportés. La nouvelle du départ de M. Purcell a donné un coup de pouce immédiat au titre, qui gagnait 3,25% à 51,50 dollars vers 14H25 GMT. Et ce, en dépit d'une révision en forte baisse des prévisions annoncée lundi: Morgan Stanley prévoit un BPA en recul de 15 à 20% au 2e trimestre 2005 par rapport à la même période de 2004. Lâché par ses cadres, critiqué par les investisseurs, M. Purcell a de plus essuyé de lourds déboires judiciaires avec la condamnation de sa banque à payer 1,45 milliard de dollars de dommages et intérêts en mai pour son rôle dans une transaction malheureuse. La banque a fait appel.Cette accumulation de déboires a pesé sur l'image de la banque. Merrill Lynch (NYSE: MER - actualité) avait abaissé sa recommandation pour le titre à "neutre" contre "acheter" mi-avril. Peu auparavant, l'agence de notation Standard and Poor's avait aussi abaissé la perspective de la note de la dette de Morgan Stanley.
Cordialement Forex Queen
Source : yahoo.fr
